Maître Brice NZAMBA allie à son métier d’Avocat son engagement pour la démocratisation effective des Etats africains. C’est ainsi qu’il a été chroniqueur auprès de la chaine d’information Africa 24 et de la Radio Africa n°1. Il organise régulièrement au sénat des déjeuners républicains sur les thématiques de l’Etat de Droit et de la bonne gouvernance en Afrique. Sa formation en droit, son expérience d’avocat, et son engagement pour l’Etat de droit sont autant d’atouts qui lui permettent d’être engagé pleinement dans chaque dossier qui lui est confié.

DEJEUNER DEBAT AU RESTAURANT DU PALAIS DU LUXEMBOURG
THEME : LES ENJEUX DE LA PRESENCE D’AFRICA CORPS RUSSE
EN
REPUBLIQUE DU CONGO.

Dès l’accession à l’indépendance de la République du Congo en date du 15 aout 1960, des accords de coopération militaire ont été signés entre elle et la République
française. Ces accords portaient d’abord sur la formation et l’entrainement des militaires congolais, notamment en assurant un appui à la formation des militaires et à l’entrainement opérationnel des forces armées congolaises. Ensuite, au niveau de l’organisation du commandement, un soutien à la structuration de l’état-major et de la marine nationale congolaise était apporté par la République Française. Ces accords organisaient ainsi un accord de partenariat stratégique à travers la présence d’un attaché de défense au sein de l’ambassade de France à
Brazzaville pour animer la relation bilatérale et contribuer à la stabilité des institutions congolaises et donc de l’Etat ainsi qu’ à la stabilité de toute l’Afrique centrale. Ces accords ont été renouvelés et adaptés au fil du temps, notamment par des conventions signées dernièrement en janvier 2015.


Ces accords encadraient une coopération militaire dont l’armée congolaise en tant qu’institution en charge de la défense nationale, de la République, et de ses institutions était bénéficiaire. Tous les corps de l’armée congolaise en bénéficiaient ainsi que l’Etat major en charge du commandement de cette armée. A l’issue de la guerre de Libye de 2011, la chute du président Kadhaffi ainsi que la déstabilisation du sahel qui s’en est suivie, une grave crise sécuritaire dans cette région de l’Afrique a nécessité l’intervention française. Malheureusement, cette intervention française s’est soldée par des coups d’Etat militaires qui ont permis l’instauration des régimes militaires qui ont rompu la coopération militaire avec la France pour signer des accords de coopération militaire avec la Russie à travers l’Africa Corps. Cette présence d’Africa Corps Russe ne s’est pas arrêtée au Sahel, elle s’est imposée en Centrafrique, et aujourd’hui, elle est de plus en plus visible en
République du Congo. Et cette présence doit interpeller tout congolais véritablement républicain car elle pose plusieurs problèmes. D’abord, cette présence ne résulte pas d’un accord de coopération militaire dûment signé et promulgué au journal officiel de la République du Congo comme il était possible d’avoir accès aux accords de coopération militaire signés entre la
République congolaise et la République française. Elle résulte ainsi d’un accord opaque, soustrait de la connaissance des citoyens congolais et dont les clauses ne
sont connues que de quelques autorités congolaises. Ensuite, l’expertise d’Africa Corps Russe ne bénéficie non pas à tous les corps de l’armée congolaise et à la structure de commandement de cette armée, comme il en était le cas des accords de coopération militaire avec la République Française, mais elle bénéficie à la seule division générale de la sécurité présidentielle ainsi qu’à son
Etat Major. Enfin, la présence d’Africa Corps Russe vient consolider l’abandon des forces armées congolaises en tant qu’institution chargée de défendre tout le territoire national, d’assurer le respect des institutions dans un cadre républicain pour privilégier la division générale de la sécurité présidentielle et donc la seule sécurité de Monsieur Denis SASSOU NGUESSO. Cette présence pose donc un problème lié à la République, au fonctionnement régukier de ses institutions et consolide la dictature ne cours en République du
Congo. C’est donc autour de ces questions que les invités au déjeuner au restaurant du Palais du Luxembourg débattront et un mémorandum sera confectionné pour appeler
à une coopération militaire qui bénéficie à tous les corps de l’armée et à son
commandement et non à la seule sécurité de Monsieur Denis SASSOU NGUESSO.